Conférence : la pensée de Murray Bookchin par Vincent Gerber

Ce lundi 24 février nous avons organisé en collaboration avec la Coloquinte et le café 648, une conférence portant sur le municipalisme libertaire et l’écologisme social. Venus nombreux, le public a pu (re-)découvrir un courant de pensée qui place les individus, leur environnement direct, leur volonté et leurs actions au centre de leurs préoccupations. La pensée de Bookchin n’ayant pas trouvé d’écho de son vivant , d’aucun pensaient qu’elle disparaîtrait avec lui, le jour où il est décédé. Quelques années plus tard, quelques crises plus tard, quelques abus et manipulations plus tard, quelques colères populaires plus tard, ses ouvrages ont non seulement été redécouverts, mais nombre de communautés ont mis en application ses thèses (pas toutes fondamentalement nouvelles, mais intégrées dans un ensemble cohérent et actualisé), avec un succès non démenti pour des populations de plusieurs milliers d’individus. S’en est suivi un échange d’abord avec Vincent puis entre personnes du public sur les « pourquoi » puis les « comment » d’une telle démarche. Le scepticisme de certain·e·s, la certitude d’autres, mais surtout la volonté commune de s’engager pour les générations futures et les générations actuelles, pour nos voisin·e·s, mais surtout pour nous, tou·t·es. Nous tou·t·es et maintenant.
(un) Résumé de la conférence L’idée est qu’un changement radical ne peut advenir que dans un environnement qui lui est favorable. En s’appuyant sur des exemples historiques récents, notamment celui des Kurdes, il est montré que l’état, celleux qui le manipulent, ses suppôts et ses esclaves, ne pourront disparaître qu’après une crise… à condition que des solutions de remplacement aient été préalablement pensées et appliquées par la population elle-même. Ainsi il est possible, nécessaire, de développer des structures fédéralistes, associatives permettant aux habitant·e·s d’un lieu de se le réapproprier plutôt que d’attendre de voir ce que les représentant·e·s légaux·ales en feront sous la pression de lobbys divers. L’action peut commencer à petite échelle. Prenant comme exemple les habitant·e·s d’un quartier désireux de transformer un parc en potager collectif, se retroussant juste les manches pour assouvir ce désir. « Nous, habitant·e·s de ce quartier, ne désirons pas ceci, mais voulons cela pour notre parc », après quelques réticence la mairie a dû se plier à cette volonté populaire, et a ensuite réquisitionné un bâtiment à l’abandon afin de le réhabiliter et de le mettre à leur disposition. Ce que la mairie n’utilisait pas, les habitant·e·s du quartier l’ont utilisé, pour le bien-être de tou·te·s. Le « bien collectif » a perdu son sens, s’est terni avec le temps,c’est à tout un·e chacun·e de lui redonner de l’éclat. En ville, en banlieue ou dans les campagnes, chaque lieu à ses spécificités, sa topographie, ses talents , ses défauts et ses limites, chaque lieu doit correspondre aux besoins, aux envies de ceux qui y vivent, et qui mieux qu’eux-même peut prétendre à les connaître ? Un·e·tel·le se présentant à la mairie d’une ville sans jamais y avoir habité ? Un pouvoir parisien centralisé ? Une entreprise dont le siège social se trouve sur une île qui va bientôt disparaître avec la montée des eaux ? Nous pouvons récupérer la main mise sur des éléments négligés par l’état – et les grandes sociétés – mais qui ont un impact direct sur notre quotidien et sur notre qualité de vie. Puis par grignotage, effriter des pans entiers du pouvoir en place, qu’il soit politique ou économique. En parallèle, ces actions collectives permettront de nous organiser en structures basées sur la démocratie directe, en structures libertaires ou chacun pourra donner son avis sur l’utilisation présente et future de tel ou tel bien commun. Pour acquérir une certain expérience, de bonnes habitudes, il faut commencer par des problèmes simples, résolus en petit comité, puis avec le temps s’agrandir (par le nombre de participants, son étalement géographique…) et s’attaquer à des problèmes de plus en plus complexes. (on s’occupe de la réappropriation d’un rond point en potager solidaire, avec un groupe de 20 personnes habitant autour du rond point… puis on s’attaque à la gestion d’une centrale nucléaire avec les 500 000 personnes qui vivent autour). La crise de 2008, l’effondrement de Leman Brother, a montré la fragilité de ces géant·e·s que l’on croyait « trop gros pour disparaître ». Le municipalisme libertaire nous permet non seulement d’améliorer notre environnement direct et notre quotidien, mais il nous permet aussi de nous préparer au jour ou ces géant·e·s de papiers disparaîtront, d’eux-même ou en les aidant un peu. Si une structure de remplacement existe, elle pourra rapidement se substituer à l’ancien système qui aura prouvé (une fois de plus) son inefficacité, alors que si rien n’a été mis ne place en amont, ce sont les mêmes éléments qui seront repris, enluminés de belles promesses creuses et inefficaces – Comme après la crise de 2008, ou l’on nous a promis que les libertés sans limites accordées à la finance, seraient très largement restreintes… on attends toujours… – C’est parce que les Kurdes avaient développé au préalable un système de démocratie directe, que le jour où l’état occupant s’est retrouvé affaibli, iels ont pu rapidement se substituer à lui pour former une région autonome sans pouvoir central, donc sans état. Bookchin nous met en garde également devant le danger de l’utilisation de la démocratie représentative afin de la réformer pour tenter d’asseoir le municipalisme libertaire (à l’image de ce qui se fait en suisse, où par exemple une liste écologiste n’a pas désiré nommer de leader – avec l’argument principal que si le groupe était élu il prendrait les décisions de façon collégiale – mais a dû se plier à la loi l’obligeant à nommer un responsable, trahissant déjà l’espoir initial de ses membres). Le danger de présenter une liste citoyenne dans le cadre de la démocratie représentative est de se retrouver pieds et poings liés et de finir désabusé. Bookchin argumente que le système actuel a une telle capacité de résilience que toute utilisation de ses propres outils pour le détourner ou le détruire ne serait qu’actions vaines; suivant l’adage « tout pouvoir corrompt » il finirait par phagocyter les actions voulant le transformer, pour à l’inverse, les détourner, elles. Le seul argument positif de la présentation d’un groupe municipaliste à une élection, quelle qu’elle soit, est la publicité qui serait faite à ses idées. Se présenter à des élections permettrait en effet d’avoir une existence médiatique qui pourrait amener d’autres individus à réfléchir sur leur quotidien et les moyen qu’ils ont de le reprendre en main. Il n’y a donc pas de dogme a suivre, de recette afin de faire tomber demain le grand capital, mais la possibilité de changer sa façon de voir les chose, son environnement direct , d’abord via des projets restreints, puis de plus grande envergure selon les possibilités de chaque groupe et ses capacité d’interaction avec les autres groupes. Résumé réalisé par Le groupe FA74 http://fa74.org
Municipalisme libertaire

Conférence Débat sur le Municipalisme Libertaire / Écologie Sociale avec Vincent Gerber

« L’écologie sociale ou le Municipalisme libertaire est une branche de l’écologie radicale, théorisé à l’origine par Murray Bookchin à partir des années 60. Elle cherche la mise en place d’une société écologique et décentralisée, sous la forme politique d’une confédération démocratique. Conscient que les problèmes écologiques découlent de problèmes sociaux, elle cherche à résoudre conjointement ces deux questions, notamment par la promotion de citoyennes et citoyens acteurs et gestionnaires de leur communauté. » (issu du site www.ecologiesociale.ch)

Actuellement le municipalisme libertaire à le vent en poupe et semble être un point de convergence pour divers mouvements en lutte : Gilets Jaunes, écologistes raci qui marquent leur intérêt pour cette théorie anarchiste : Gilets Jaunes, écologistes, permaculture humaine, éco-habitat, etc. A plus grande ampleur, des régions du monde tel le Chiapas ou le Rojava tentent d’instaurer un fonctionnement sociétal en ce sens.

Présentation par Vincent Gerber :

Face au désarroi que provoque l’étendue des problèmes environnementaux, beaucoup font le lien avec une autre crise, plus profonde, de nature sociale. Pionnier de l’écologie politique, Murray Bookchin (1921-2006) a voulu démontrer que la solution à la crise écologique était avant tout sociale et demandait un retour au fondement de la démocratie : la capacité de décider collectivement de l’ensemble des questions dont nous dépendons. Son écologie sociale cherche à rassembler deux mondes : celui de l’anarchisme, et sa vision d’une société humaine libérée de la domination, avec celui de l’écologie, et la volonté de développer une société en accord avec les apports, mais aussi les limites, du milieu naturel. Il en ressort une pensée écologiste profondément anticapitaliste, prônant la création d’une confédération de communes autonomes, politiquement gérées en démocratie directe.
Alors qu’on parle beaucoup de bouleversements climatiques et d’effondrement à venir, l’écologie sociale nous encourage à revoir l’écologie comme une force de proposition politique, ancrée dans le présent. Elle encourage à ne pas attendre la révolution mais à construire dès maintenant un contre-pouvoir à l’intérieur du système, devant réclamer la dissolution du pouvoir des 1% dominant mondialement. De nouvelles bases de résistance démocratiques doivent être fondées, sous la forme d’institutions participatives et inclusives, permettant de se réapproprier nos choix de vie. En replaçant le bien commun au centre de la politique, il s’agit de redevenir des acteurs désireux d’agir au lieu de subir.

Biographie

Vincent Gerber est à l’origine, en 2009, du site Ecologie Sociale.ch, qui cherche à rassembler et recenser les publications en français sur le sujet. Il est l’auteur de deux essais : Murray Bookchin et l’écologie sociale (éd. Ecosociété) et Murray Bookchin & l’écologie sociale libertaire (éd. Le Passager clandestin, avec Floréal Romero). Père de deux enfants, il habite Genève et travaille actuellement dans une coopérative de logements pour étudiants. Ses recherches actuelles portent sur l’anarchisme dans la science-fiction.

Complément d’infos sur le site de Vincent Gerber : http://www.ecologiesociale.ch/lecologie-sociale/

Cette conférence à lieu dans le cadre des Lundimoitout Libertaires, en collaboration avec le collectif Coloquinte et le groupe Lamotte-Farinet de la Fédération Anarchiste (FA74).

Projection du film « Ni dieu ni maître » épisode 2

Projection du film « Ni dieu ni maître » épisode 2

dans le cadre de lⒶ bibliothèque Coloquinte, des Lundimoitout Libertaires et du groupe FA74.

Petite collecte en fin de film pour soutenir les épisodes 3 et 4 ainsi que leur traduction internationale.

La NANO PARTY PUNK 5

La NANO PARTY PUNK 5

5ème Nano, déjà !! merci au 648 Café.
Expo RNST
Stand & sérigraphie live ANARTISANART

Vendredi 07/02/2020Ouverture du Café 17h00
18h°° Vernissage RNST avec concert de DAME NERVE (cold punk, Dijon)

20h00 Gipsy Skins (punk qui slave, Genève)
21h00 Boulons&Crew (Street Punk, Lyon)
22h00 Anarcooliks (Speed-Punk, Lyon)
23h00 Chouchen’ molotov (Metal Punk, Rennes)

Samedi 08/02/2020
Ouverture du Café 17h00
19h00 Mise en Bière (Folk Punk, Grenoble)
20h00 The Damn Givers (Punk, Genève)
21h00 The Seniles (Old Old Old Old Old Züri Punk)
22h00 Struggle (metal punk, Vallée Verte)
23h00 20 Minutes de Chaos (PunKrust, Dijon)

Pour les sous, on passera le chapeau, mais on ne pourra rembourser les frais de route des groupes que si chaque personne met minimum 5€ par jour. Merci, on est Tribu Terre !

au 648 Café 72 route de Peillonnex 74250 Marcellaz
Afters Associatives à La Ferme Coloquinte

Afters associative à la ferme Coloquinte avec les Sue Hellen et DJ Soif.

Struggle – Crooked Justice – Les Trois Elfes (Thonon)

Crooked Justice pour la Turboparty Sailors from Hell – Thonon à La Cave Des 3 Elfes à Thonon le 07/09/2019By Horvoros

Publiée par Struggle sur Samedi 14 septembre 2019

Film Ni Dieu Ni Maître de Tancrède Ramonet

Hier soir nous avons passé à lⒶ bibliothèque Coloquinte, le premier volet de ce film destiné a sortir en 4 parties.
Nous étions environs six spectateurs, notre capacité d’accueil étant réduite, nous n’avions pas fait un grand ramdam autour de cette projection.
Donc ce film historique vraiment super bien fait, très motivant, explique dans ce premier volet historique du début de l’anarchisme, les fondements théoriques et les réflexions ayant mené à des moyens d’action parfois contradictoires.
Beaucoup d’archives photo mises en scène avec des effets très chouette rendent ce film très vivant et illustrent parfaitement la narration précise, confortée par les interventions d’historiens spécialisés dans l’anarchisme. Vraiment super. Episode 2 le 10 février.

Récits de Christiania

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"You can never get a cup of tea large enough or a book long enough to suit me." - C.S. Lewis

Récits de Christiania

Author: TRAIMOND Jean-Manuel
Pages: 244
Genre(s): , Communautaire, Habitat
Publisher: Atelier de création libertaire
Subject:
Country:
Publication Year: 2018
Finished? No
Description
Dès 1971, anarchistes et théologiens, yogis et trafiquants, militants communistes et alcooliques militants, clochards repentis et clochards pratiquants, cas sociaux et clarinettistes, anthropologues et fraiseurs-tourneurs occupèrent une caserne de Copenhague, créant le plus vaste squat d’Europe  : Christiania.

Les Récits de Christiania ont été rassemblés tant pour comprendre comment, à neuf cents mètres du Parlement, un millier de personnes vivent depuis presque cinquante ans sans police, sans vote et sans hiérarchie, que pour préserver de l’oubli Thy des Tulipes et Ludwig Pissenlit, Pyramide Helge et Nemo, Gromyko et le lama Topgyal, Profit Knud et Tom-le-Long, Heiner Luftkastello et Pancake Ray, le pont Neptune et le Bœuf bleu, l’île aux Lapins et Tumulus Nord, Autogène et Hubahuba, la maison Banane et l’Hélicoptère invisible, Ombres-de-la-Nuit et Villa Vulgerda.

Jean-Manuel Traimond est entré pour la première fois à Christiania en 1976 et y a vécu de 1980 à 1984. Il est guide-interprète à Paris depuis 1990 et commet avec régularité livres et traductions.

La première édition date de 1994. La présente édition comprend une nouvelle préface ainsi qu’une postface. La bibliographie a été revue et de nombreux titres se sont rajoutés, dans différentes langues.

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Make Rojava Green Again

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"Never trust anyone who has not brought a book with them." - Lemony Snicket, Horseradish

Make Rojava Green Again

Author: Communauté internationaliste du Rojava
Pages: 144
Genre(s): , Anarchisme, municipalisme libertaire, internationalisme
Publisher: coédition Dog Section Press et la Commune internationaliste du Rojava
Subject:
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Publication Year: 2019
Finished? No
Description
Depuis 2011, la région du Rojava est devenue à la fois le symbole de la résistance contre Daech, mais aussi un territoire qui se construit autour d’un projet révolutionnaire d’autogestion démocratique.

Cette nouvelle expérience politique – inspirée en partie par l’américain Murray Bookchin et ses propositions d’écologie sociale et de municipalisme libertaire – bien que se trouvant dans une zone de crise géopolitique difficile à cerner, continue à rechercher des alternatives pratiques à mettre en place, dès à présent, pour « reverdir » la région. C’est ainsi que, début 2018, le Comité pour l’écologie du canton Cizirê, en collaboration avec la Commune internationaliste du Rojava, a lancé une campagne internationale afin de soutenir les travaux écologiques dans le Nord de la Syrie et, en même temps, a créé un réseau d’échanges et de débats entre toutes les personnes, collectifs et mouvements investis dans des luttes similaires un peu partout dans le monde.

L’Atelier de création libertaire – qui depuis maintenant 40 ans cherche à créer des ponts entre la pensée et l’action d’une culture libertaire sensible à l’écologie – s’associe à cette démarche en assurant la diffusion du livre Make Rojava Green Again. Nous pensons que nous avons besoin tous les jours d’un élan pragmatique dans les différentes initiatives que nous menons là où nous vivons, mais sans oublier la part d’utopie vers laquelle nous espérons continuer de nous rapprocher.

Avant-propos Debbie Bookchin

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