Janet Biehl

Le Municipalisme Libertaire

Projet politique élaboré par le philosophe Murray Bookchin (1921-2006) pour donner une armature institutionnelle à son programme d’écologie sociale, le municipalisme libertaire propose une solution de rechange radicale à nos démocraties représentatives en déliquescence : une démocratie participative, directe, exercée au niveau local grâce à une profonde décentralisation du pouvoir. En quinze courts chapitres, Janet Biehl présente cet ambitieux projet, dans ses aspects tant théoriques que pratiques.


À la différence de beaucoup d’anarchistes, Bookchin reconnaît un rôle aux institutions politiques, du moment qu’elles favorisent la liberté. Les municipalités recèlent selon lui un tel potentiel. Celles d’aujourd’hui ne sont qu’un pâle reflet des fières cités qui, de la polis athénienne aux towns anglo-américains en passant par les villes médiévales, ont fait le pari de l’autogestion citoyenne. Janet Biehl en retrace l’histoire, à la recherche non pas de modèles, mais de matériaux pour reconstruire un champ politique dynamique dans le cadre d’une confédération de municipalités, la « commune des communes ». Elle détaille ensuite les défis concrets qui attendent un mouvement municipaliste, notamment l’opposition inéluctable du système capitaliste et de l’État-nation.

Comme le souligne la philosophe Annick Stevens en préface, « Janet Biehl nous aide à ancrer la quête de l’autonomie politique dans la meilleure part de notre héritage historique, à anticiper toutes les difficultés qui ne manqueront pas d’accompagner ce long processus, et surtout à retrouver l’énergie et l’enthousiasme sans lesquels il n’est pas de changement radical possible »

Le droit à la paresse / Paul Lafargue

Paul Lafargue

Le Droit à la paresse

Juif et Caraïbe par sa mère, mulâtre par son père, Paul Lafargue (1842-1911), gendre de Karl Marx, se targuait de réunir en lui le sang de trois peuples opprimés. Sa vie se confond avec la naissance du mouvement socialiste international. Dans Le Droit à la paresse, il décrit « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste » : l’amour du travail.

bolo’bolo / p.m.

p.m.

bolo’bolo

Bolo’Bolo est un essai écrit en 1983 par le mystérieux « p.m. », un écrivain suisse de langue allemande que l’on suppose né en 1946 (à moins qu’il ne s’agisse d’un non moins mystérieux collectif « PostModerne »). Après avoir rappelé les horreurs bien connues de la « Machine Travail » planétaire, PM propose un nouvel agencement qui nous permettrait de lui échapper. Cet agencement repose sur les « bolos », des sortes de communautés productives, dotées d’une identité culturelle particulière, des « foyers d’appropriation des valeurs d’usage » susceptibles de se fédérer librement dans des ensembles plus vastes. Une nouvelle langue l’« Asa’Pili », est élaborée pour définir les éléments de bases du nouveau contrat planétaire qui lie les bolos entre eux. « BOLO‘BOLO est l’une de ces manœuvres irréalistes, amorales et égoïstes qui détournent l’attention des luttes contre le pire. BOLO‘BOLO est aussi une modeste proposition pour un nouvel arrangement sur notre vaisseau spatial après la disparition de la Machine. ». En 1998, Bolo’bolo a été enrichie d’une préface intitulée « La mort lente de l’économie », dans laquelle PM nous donne quelques indications sur les possibles manières de réaliser Bolo’bolo et sur la phase de transition qui doit nous y conduire. Grand classique de l’utopie, Bolo’Bolo est un catalogue génial, une réserve d’idées lumineuses ou loufoques, une provision de solutions pratiques, que chacun pourra employer pour construire le nouveau monde !

L’Anarchie / Elisée Reclus

Elisée Reclus

L’Anarchie

L’anarchisme, une chimère ? En 1894, Paris vient de connaître une vague d’attentats, la répression est forte. Élisée Reclus est invité à faire une conférence devant une loge maçonnique de Bruxelles. Le géographe épris de paysages et de liberté, le communard qui fut banni dix années, calme les esprits échauffés en inscrivant l’anarchisme dans une tradition de contestation aussi longue que l’histoire des pouvoirs. Les temps changent : « si Dieu s’évanouit », les hiérarchies tombent, et la liberté de penser fait de tous les hommes « des anarchistes sans le savoir »